Comment choisir un élevage de Berger Australien ?
Choisir un élevage de Berger Australien est une étape essentielle lorsque l’on envisage d’accueillir un chiot. Pourtant, face au nombre d’élevages, de portées et d’annonces disponibles, il n’est pas toujours facile de savoir à quels critères se fier.
Les sites internet sont beaux et les photos attendrissantes. Certaines expressions reviennent aussi régulièrement : « élevage familial », « chiots élevés à la maison », « parents testés » ou encore « chiots sociabilisés ».
Mais que signifient réellement ces affirmations ?
Derrière deux chiots qui semblent similaires à huit semaines peuvent se cacher des histoires très différentes. La sélection des parents, la connaissance des lignées, la santé ou encore le tempérament sont autant de critères importants. Les conditions de vie, les premières expériences et la socialisation le sont tout autant.
Le Club Français des Bergers Australiens (CFBA) rappelle d’ailleurs que le choix de l’élevage est primordial. Il influence directement le bagage génétique et social du futur chiot.
Choisir son élevage ne devrait donc jamais se résumer à trouver la bonne couleur, au bon moment et au bon prix.



Choisir un élevage de Berger Australien LOF : indispensable, mais pas suffisant
Si vous souhaitez acquérir un Berger Australien, la première chose à vérifier est son inscription au Livre des Origines Français (LOF).
Un chiot non inscrit au LOF ne peut pas être vendu comme un Berger Australien de race. Il s’agit d’un chien « de type Berger Australien ». Et comme on dit, maman sûr, papa peut-être. Sans identification génétique et donc certification ADN des parents, il n’y a aucune possibilité de savoir si le père est bien celui indiqué. Idem pour la mère d’ailleurs, même si vous venez voir les bébés, une maman avec des tétines, les chiots qui ont l’habitude de la voir même si ce n’est pas la mère, iront quand même téter et elle acceptera s’ils sont habitués. Donc une chienne peut être présentée comme la mère alors qu’elle ne l’est pas. Oui oui, malheureusement ça peut aller jusque là chez certains naisseurs peut scrupuleux.
Le Club Français des Bergers Australiens met d’ailleurs clairement en garde les futurs acquéreurs sur ce point. Il recommande également la prudence face à certains discours. Par exemple, lorsque les parents sont annoncés LOF mais que les chiots sont volontairement produits non LOF.
Mais attention à l’excès inverse :
LOF ne veut pas dire élevage de qualité.
L’inscription au LOF apporte une traçabilité des origines. Elle permet aussi de s’assurer que l’on se trouve bien dans un cadre de reproduction de chiens de race.
En revanche, le LOF ne vous dit pas comment l’éleveur sélectionne ses reproducteurs. Il ne vous renseigne pas non plus sur leurs conditions de vie ou leur tempérament. Il n’explique pas pourquoi un mariage a été choisi ni comment les chiots grandissent.
Deux élevages produisant exclusivement des chiots LOF peuvent donc avoir des méthodes et des exigences très différentes.
Le LOF doit être considéré comme un prérequis et non comme un label de qualité.
Les tests de santé : ne vous contentez pas de la mention « parents testés »
Le Berger Australien est concerné par différentes affections héréditaires ou présentant une composante génétique.
Un éleveur sérieux doit pouvoir parler ouvertement de la santé de ses chiens. Il doit surtout pouvoir vous présenter les résultats des dépistages réalisés sur les parents.
Il ne suffit donc pas de lire sur un site :
« Parents testés »
« Panel ADN complet »
« Testé pour toutes les maladies de la race »
Demandez les résultats.
Pour le Berger Australien, il faut notamment s’intéresser au dépistage des hanches, des coudes et des maladies oculaires. À cela s’ajoutent les différents tests génétiques pertinents pour la race.
Le CFBA rappelle notamment l’importance du dépistage des dysplasies chez les reproducteurs. Il souligne également l’intérêt du suivi ophtalmologique. Vous pouvez retrouver ces informations sur le site du Club Français des Bergers Australiens.
Les résultats doivent être accessibles et vérifiables. Selon l’origine des chiens, ils peuvent aussi provenir d’organismes reconnus à l’étranger comme l’OFA.
Mais là encore, attention au raccourci :
Un chien avec une longue liste de tests ADN n’est pas automatiquement un bon reproducteur.
Les tests génétiques constituent un formidable outil de sélection. Cependant, ils ne permettent pas de prédire toute la santé future d’un chien ou de sa descendance.
La santé d’une lignée ne tient pas sur une feuille de résultats ADN.
Un éleveur doit également bien connaître ses lignées. Cela comprend leur longévité, mais aussi les problèmes éventuellement rencontrés chez les ascendants, descendants ou collatéraux.
Certaines pathologies ne disposent tout simplement pas, aujourd’hui, d’un test génétique permettant de les écarter facilement.
Il faut donc regarder les tests, mais aussi tout ce qu’aucun test ne peut encore mesurer.
La sélection du Berger australien
Le tempérament compte autant que la santé
C’est probablement l’un des critères les plus importants. Pourtant, c’est aussi l’un des moins faciles à vérifier sur un document.
Un Berger Australien ne devrait pas devenir reproducteur uniquement parce qu’il est beau ou très titré. Une couleur recherchée ou d’excellents résultats de santé ne suffisent pas non plus.
Un reproducteur doit aussi avoir un tempérament que l’on souhaite transmettre.
Le Berger Australien est un chien de berger intelligent, proche de l’humain et sensible. Il est également actif et capable d’une grande polyvalence.
Cette sensibilité fait partie de la race. Elle ne doit cependant pas être confondue avec de l’instabilité, une anxiété permanente ou des peurs envahissantes.
Lorsque vous échangez avec un éleveur, intéressez-vous donc aux parents.
Comment vivent-ils au quotidien ? Quel est leur caractère ? Comment réagissent-ils dans un environnement inconnu ? Comment se comportent-ils avec les humains et leurs congénères ?
Et surtout :
Pourquoi l’éleveur a-t-il décidé d’associer précisément ces deux chiens ?
Un bon mariage ne consiste pas simplement à associer deux beaux chiens.
Il doit avoir un objectif et une véritable réflexion derrière lui.
Regardez comment vivent les chiens adultes
On parle énormément des conditions de vie des chiots. On parle beaucoup moins de celles des adultes.
Pourtant, elles en disent souvent beaucoup sur un élevage.
Les chiens doivent bénéficier de conditions adaptées à leurs besoins. Ils ont besoin de contacts sociaux, d’activité et d’interactions. Leur environnement doit également permettre leur équilibre.
À l’inverse, méfiez-vous des arguments trop simplistes.
« Tous nos chiens vivent dans la maison » n’est pas, à lui seul, une garantie de qualité.
De la même manière, la présence de chenils ne signifie pas automatiquement que les conditions d’élevage sont mauvaises.
Ce qui compte, c’est la réalité de la vie des chiens.
Regardez l’espace dont ils disposent, l’hygiène et les sorties proposées. Intéressez-vous également aux activités, aux interactions et à l’enrichissement de leur environnement. Enfin, observez leur relation avec l’humain et leur équilibre général.
Il faut regarder l’ensemble plutôt qu’une photographie ou une formule rassurante.
« Élevé à la maison » n’est pas un programme de socialisation
C’est probablement l’une des expressions les plus utilisées pour présenter une portée.
Pourtant, un chiot peut parfaitement naître au milieu d’un salon et être très peu préparé à sa future vie.
La socialisation ne consiste pas simplement à entendre un aspirateur ou à voir des enfants. Elle ne se résume pas non plus au fait de vivre dans une pièce fréquentée.
Les premières semaines permettent au chiot de découvrir progressivement le monde.
Il peut rencontrer différentes personnes et découvrir de nouvelles manipulations. Il peut explorer des textures, des sons, des objets et des environnements variés. Les déplacements, les nouveautés et l’apprentissage de petites frustrations font également partie de cette découverte.
Tout cela doit se faire progressivement et intelligemment. L’éleveur doit également respecter les capacités individuelles de chaque chiot.
Il ne s’agit pas de multiplier les stimulations à outrance.
Un très jeune chiot a aussi besoin de sécurité et de sommeil. Il doit avoir le temps d’intégrer ce qu’il découvre.
La qualité de ce travail constitue donc un point essentiel pour choisir un élevage de Berger Australien.
Demandez concrètement à l’éleveur :
« Que faites-vous avec vos chiots pendant leurs huit premières semaines ? »
Une réponse précise vous apprendra beaucoup plus que la simple mention « chiots parfaitement sociabilisés ».



Comment les chiots sont-ils choisis ?
Voilà une autre question importante.
À quelques jours ou quelques semaines, il est tentant de choisir son chiot sur une photographie :
« Je veux le bleu merle avec les yeux bleus. »
Mais vous allez vivre de nombreuses années avec un tempérament, pas avec une couleur.
Tous les chiots d’une même portée sont différents.
Certains seront naturellement plus sensibles. D’autres seront plus indépendants, plus entreprenants ou davantage tournés vers l’humain. Certains seront très dynamiques quand d’autres se montreront plus posés.
Un éleveur qui observe quotidiennement sa portée apprend progressivement à connaître chacun de ses chiots.
Il peut suivre leur évolution et repérer leurs particularités. Ces observations lui donnent des informations précieuses pour orienter ses choix.
L’objectif doit être de rechercher la meilleure compatibilité possible entre le chiot, son tempérament et le mode de vie de sa future famille.
Cela implique également quelque chose que l’on oublie parfois :
un éleveur sérieux peut vous dire non.
Il peut considérer qu’un Berger Australien ne correspond pas à votre projet. Il peut aussi estimer qu’une portée ou qu’un chiot particulier ne vous conviendra pas.
Ce refus n’est pas nécessairement mauvais signe.
Bien au contraire.
Un éleveur ne devrait pas simplement chercher quelqu’un disposé à acheter son chiot. Il devrait rechercher la famille dans laquelle ce chiot pourra réellement s’épanouir.



L’éleveur doit aussi s’intéresser à vous
La vigilance fonctionne dans les deux sens.
Vous devez poser des questions à l’éleveur. Mais l’éleveur devrait également vous en poser.
Votre rythme de vie, vos absences et votre expérience avec les chiens sont importants. Votre environnement, vos attentes et vos activités envisagées le sont tout autant.
L’éleveur devrait aussi chercher à connaître votre compréhension du Berger Australien et de ses besoins.
Une réservation acceptée en quelques minutes uniquement parce qu’un acompte peut être versé devrait donc vous inciter à vous interroger.
Vous choisissez l’éleveur.
Mais l’éleveur choisit également les familles auxquelles il confiera ses chiots.
Le prix d’un chiot : ne comparez surtout pas uniquement les chiffres
Le tarif est évidemment un élément à prendre en compte. Mais encore faut-il savoir ce que l’on compare.
On rencontre aujourd’hui des chiots non LOF proposés autour de 1 000 €, voire davantage. Certains sont issus de parents sans véritable travail de sélection ni dépistages complets.
Le principal argument avancé peut alors se résumer à :
« Ils sont élevés en famille et dans la maison. »
Or cela ne justifie pas, à lui seul, un tel tarif.
Des chiots non LOF, sans travail particulier de sélection ni dépistages des reproducteurs, peuvent être proposés pour quelques centaines d’euros. On devrait en trouver autour de 200 à 300 €.
Fixer un prix beaucoup plus élevé ne crée évidemment pas le travail de sélection qui n’a pas été réalisé derrière la portée.
Que payez-vous réellement lorsque vous achetez un chiot ?
À l’inverse, le prix d’un chiot issu d’un véritable travail de sélection ne correspond pas simplement au coût de ses huit premières semaines.
Derrière une portée peuvent se trouver des années de travail.
Il faut entretenir et sélectionner les reproducteurs. Les dépistages de santé, les saillies, les déplacements et le suivi de gestation représentent également un coût.
À cela s’ajoutent l’alimentation, les soins vétérinaires, l’identification et les démarches administratives. Il faut aussi compter les installations, le matériel et tout le temps consacré quotidiennement aux chiots.
Enfin, il y a le travail qui se voit moins : connaissance des lignées, socialisation, observation comportementale et suivi des familles.
Ne demandez donc pas seulement : « Combien coûte le chiot ? »
Posez-vous plutôt cette question :
« Qu’est-ce qui se trouve réellement derrière ce prix ? »
Et retenez surtout qu’un prix élevé n’est, lui non plus, absolument pas un label de qualité.
On peut vendre cher un chiot mal sélectionné.
Le prix doit donc toujours être analysé avec tout le reste.
La transparence est essentielle
Aucun élevage ne peut garantir qu’un chien ne développera jamais un problème de santé.
Le vivant ne fonctionne pas ainsi.
En revanche, un éleveur peut agir pour limiter les risques.
La sélection et le dépistage des reproducteurs constituent une première étape. L’étude des lignées permet également d’éviter certains mariages. Enfin, conserver les informations concernant les descendants aide à adapter les décisions lorsqu’un problème apparaît.
La transparence est donc beaucoup plus rassurante qu’un discours promettant :
« Nous n’avons jamais aucun problème dans nos lignées. »
Un éleveur impliqué doit pouvoir parler de ses choix. Il doit aussi être capable d’en reconnaître les limites.
Lorsqu’un problème apparaît dans une lignée, une question devient alors essentielle :
qu’en fait-il pour la suite de son programme d’élevage ?
Le suivi ne s’arrête pas le jour du départ
Le travail de l’éleveur ne devrait pas prendre fin lorsque le chiot quitte l’élevage.
Les premières semaines dans sa nouvelle famille soulèvent énormément de questions.
Alimentation, sommeil, propreté, mordillements, solitude, socialisation, croissance ou éducation : les sujets sont nombreux.
Un éleveur qui connaît ses chiens et ses lignées peut rester un interlocuteur précieux plusieurs années après le départ.
Ce suivi lui permet aussi de savoir ce que deviennent les chiens qu’il a produits.
Ces informations sont essentielles pour sélectionner les générations suivantes.
Un élevage ne devrait pas seulement connaître ses reproducteurs. Il devrait, autant que possible, connaître ce qu’ils produisent.
Les belles photos ne racontent pas toute l’histoire
Aujourd’hui, les réseaux sociaux occupent une place considérable lorsqu’on cherche à choisir un élevage de Berger Australien.
Ils permettent de découvrir son univers. Ils peuvent aussi montrer beaucoup de choses intéressantes sur le quotidien des chiens et des chiots.
Mais ils restent une vitrine.
Un joli logo ou des photographies professionnelles ne constituent aucune garantie. Une maison magnifique ou des chiots photographiés dans les bras d’enfants non plus.
Le nombre d’abonnés ne renseigne pas davantage sur la qualité du travail d’élevage.
De la même manière, les titres obtenus en exposition peuvent apporter des informations sur les qualités morphologiques d’un chien. Mais ils ne résument pas la qualité d’un programme d’élevage.
Ne cherchez donc pas un signe unique qui permettrait d’identifier immédiatement le « bon » éleveur.
Regardez l’ensemble.
Avant de réserver votre Berger Australien, prenez le temps
Un Berger Australien vous accompagnera potentiellement pendant douze, treize, quinze ans ou davantage.
Quelques semaines ou quelques mois d’attente représentent finalement très peu de chose à l’échelle de sa vie.
Ne choisissez pas une portée uniquement parce qu’elle est disponible immédiatement.
La couleur ne devrait jamais être votre principal critère. Le prix ne doit pas l’être davantage.
Produire des chiots LOF ne suffit pas, à lui seul, à définir un bon élevage. Une longue liste de tests ADN n’apporte pas non plus toutes les garanties.
Enfin, le simple fait que les chiots grandissent dans une maison ne permet pas de juger la qualité du travail réalisé.
Cherchez plutôt la cohérence de l’ensemble.
Regardez la santé, les origines et le tempérament. Intéressez-vous aux conditions de vie et au choix du mariage. Observez également le développement et la socialisation des chiots.
Enfin, accordez de l’importance à la transparence, au choix des familles et au suivi proposé.
Le CFBA (Club français du Berger Australien) rappelle lui aussi que votre choix n’est pas anodin.
Car choisir un chiot revient aussi, d’une certaine manière, à soutenir la façon dont il a été produit et élevé.
En conclusion : comment bien choisir son élevage ?
Ne cherchez pas simplement un chiot Berger Australien.
Cherchez d’abord l’éleveur auquel vous êtes prêt à faire confiance pour le faire naître.
Posez des questions et demandez les documents ainsi que les résultats de santé.
Intéressez-vous aux parents et aux lignées. Regardez comment vivent les chiens. Cherchez à comprendre comment les chiots grandissent et comment leur tempérament est observé.
Demandez également pourquoi ce mariage a été réalisé.
Un éleveur sérieux ne devrait pas être dérangé par votre curiosité.
Il devrait au contraire apprécier que vous accordiez autant d’importance à l’origine de votre futur compagnon.
Parce qu’au bout du compte, vous ne choisissez pas simplement l’endroit où acheter votre chiot : Vous choisissez une partie de son histoire avant même qu’il entre dans la vôtre.